Eric Hoffman

Jour 2: L'audition de Eric Hoffman. + d'info
Eric Hoffman est un Ancien de Spring Grove et L'avocat Zeff l'interroge.


Zeff : Un ancien est-il membre du clergé ?
Hoffman : Nous ne sommes pas étiquetés dans la catégorie "clergé". Nous ne sommes pas payés.

Zeff : Monsieur, seriez-vous d'accord pour dire que le clergé doit signaler les abus sexuels des enfants pour protéger la victime de préjudices supplémentaires?
Hoffman : Oui.

Zeff : Seriez-vous d' accord pour dire que le clergé ne doit jamais garder l'agression sexuelle d'un enfant secrète pour protéger sa congrégation ?
Hoffman : Oui

Zeff : Vous n'avez pas reçu de formation pour interroger des enfants qui sont victimes d'abus sexuels, n'est-ce-pas ?
Hoffman : Non.

Zeff : Vous avez bien reçu les lettres de la Watchtower, n'est-ce-pas ?
Hoffman : C'est ce qui est écrit sur l'entête des lettres, correct.

Zeff : Et c'est sur la base de ces lettres que vous recevez les instructions de la Watchtower pour effectuer vos tâches d'Ancien, C'est bien ça ?
Hoffman : C'est ce que nous faisons.

Zeff : D' accord. Si vous ne suivez pas les instructions contenues dans ces lettres de la Watchtower pouvez-vous être retiré de votre position d'Ancien. Est-ce vrai ?
Hoffman : C'est possible, oui.

Zeff : Et c'est bien la Watchtower qui dirige l'activité des Anciens, n'est-ce pas ?
Hoffman : Nous recevons les instructions de leur part. C'est correct.

Zeff : Vous ne recevez pas d'instruction de quelqu'un d'autre ?
Hoffman : Non.

Zeff : À l'automne 2005, vous saviez qu'il y avait des abus qui étaient suspectés sur Stéphanie Fessler, n'est-ce-pas ?
Hoffman : À l'automne 2005 ?

Zeff : Oui
Hoffman : Oui.

Zeff : D'accord. Quand vous, et Neal Cluck, un autre Ancien, l'avez appris, un comité a été formé, exact ?
Hoffman : Je crois, oui, c'est ça.

Zeff : D'accord. Et vous ne vous souvenez pas vraiment de ce que le père ou la mère de Stéphanie vous a dit ?
Hoffman : C'est exact.

Zeff : D'accord. Au cours de la première réunion, - Vous en avez bien fait deux, n'est-ce pas ?
Hoffman : Oui.

Zeff : D' accord. Donc, vous ne vous souvenez pas vraiment quand la première réunion eu lieu ? Hoffman : Selon mes notes, la première réunion était vers la fin septembre 2005.

Zeff : D'accord. De quelle note parlez-vous Monsieur?
Hoffman : Nous avons quelques notes par écrit.

Zeff : Regardons ces notes.
Les notes d'Eric Hoffman sont projetées sur l'écran pour le jury.

Zeff : Savez-vous que Stéphanie Fessler et Terry Seipp sont venues témoigner et ont dit qu'elles avaient été réprimandées et sanctionnées en 2004 ?
Hoffman : Non, je ne sais pas.

Zeff : D'accord. Donc, quand vous dites que vous avez eu deux réunions, êtes-vous sûr que ces réunions ont eu lieu en 2005 et qu'aucune n'a eu lieu en 2004 ?
Hoffman : Oui.

Zeff presse Hoffman :

Zeff : Savez-vous que Jodee Fessler a confirmé que la première réunion a bien eu lieu en 2004 ?
Hoffman : C'est possible, mais je n'ai pas de notes pour le confirmer et je ne me souviens pas de cette réunion de 2004.

Hoffman commence à faiblir, sa mémoire devient soudainement floue :

Zeff : Donc, C'est possible, elle peut avoir raison ?
Hoffman: Cela ce pourrait bien, mais je ne me souviens pas de quoi nous avons parlé.

Zeff : D'accord. Et la deuxième réunion celle qui a eu lieu en 2005, vous avez des notes concernant celle-là ?
Hoffman : Correct.

Zeff : Donc, si Stéphanie Fessler, Jodee Fessler et Terry Seipp ont toutes témoigné qu'elles ont été impliquées dans des comités judiciaires en 2004, vous n'auriez aucune raison d'en douter ?
Hoffman : Oui, parce qu'il n'y a pas de notes d'un comité judiciaire en 2004.

Zeff : Bien, ne vous a-t-on pas dit de détruire toutes les notes inutiles ?
Hoffman : Les seules notes que j'ai sont ici.

Si Zeff se concentre sur cette chose c'est pour prouver au jury que Hoffman savait que Stéphanie avait été abusée :

Zeff : Donc, au moins en 2005, on vous a dit qu'une jeune fille de 16 ans avait eu des relations avec une femme de 50 ans ?
Hoffman : Correct

Zeff : D'accord. Vous suspectiez, à ce moment-là, qu'il pouvait s'agir d'un abus sur mineurs, c'est bien ça ?
Hoffman : Nous suspections que quelque chose d'incorrect se passait.

Zeff : Il a été expliqué qu'elle l'embrassait amoureusement ?
Hoffman : C'est juste.

Zeff : Comme entre un petit copain et une petite copine, c'est ça ?
Hoffman : Um-hum.

Zeff : Comme un mari et sa femme pourrait le faire?
Hoffman : C'est juste.

Zeff : Et vous ne trouvez pas que cela peut être suspecté comme étant un abus sur mineure ? Hoffman: Eh bien, c'est pourquoi nous avons formé ensuite le comité.

Zeff : D'accord. Donc, vous avez formé le comité parce que vous suspectiez ?
Hoffman : Parce que nous étions soupçonneux.

Zeff : Lorsque vous avez formé le comité, avez-vous contacté la Watchtower à ce sujet ?
Hoffman : Nous avons contacté le service juridique.

Zeff : D'accord. Eh bien, après que vous ayez appris ce que vous deviez savoir, une fois que le comité fut formé avez-vous demandé des instructions au sujet de ce que vous deviez faire et comment vous deviez poser des questions ?
Hoffman: Non.

Zeff finit par obtenir d'Hoffman qu'il reconnait avoir consulté les lettres et manuels puis il dit :

Zeff : En plus de l'embrasser et de se faire caresser, Stéphanie Fessler vous a dit qu'il y avait eu des étreintes inconvenantes c'est bien cela ?
Hoffman : Oui

Zeff : Et toucher ses seins ?
Hoffman : Oui.

Zeff : Vous êtes-vous préoccupé de savoir si dans une autre congrégation il y avait une femme de 50 ans qui caressait et touchait les seins d'une jeune fille de 16 ans ?
Hoffman : Nous l'avons fait.

Zeff : D'accord. Avez-vous averti quelqu'un à ce sujet?
Hoffman : Juste parlé à Stéphanie.

Zeff : D'accord. Vous n'avez pas dit à d'autres congrégations que Stéphanie avait affirmé qu'une femme de 50 ans lui avait touché et caressé ses seins ?
Hoffman : Je crois que nous avons eu une conversation avec elle juste pour nous assurer que les histoires étaient les mêmes.

Zeff : Avez-vous tenu la Watchtower au courant ?
Hoffman : Oui. Nous avons appelé le service juridique.

Le témoignage de Hoffman venait clairement de démontrer que les Anciens de deux congrégations étaient au courant de l'agression, ainsi que la Watchtower.

Zeff : La raison pour laquelle vous avez contacté le service juridique était de savoir qu'elles étaient vos obligations concernant le signalement d'abus sexuels. Est-ce exact?
Hoffman : Oui.

Zeff : Et après avoir parlé au département juridique, vous n'avez signalé aucun abus sexuels à aucune autorité en Pennsylvanie, c'est exact ?
Hoffman : Nous ne l'avons pas signalé à la police, non.

Zeff : Vous n'avez jamais reçu aucune instruction comme quoi il y avait une obligation légale en Pennsylvanie pour signaler les cas d'abus sexuels d'enfants, c'est ça ?
Hoffman : Non.

Zeff : Et vous n'avez pas dit aux parents de Stéphanie Fessler qu'ils pouvaient aller à la police ou ailleurs ?
Hoffman : Nous ne l'avons pas fait, non.

Zeff : D'accord. Vous ne l'avez pas fait. Je vous remercie. J'ai terminé.

Zeff, convaincu qu'il avait extrait assez de vérité de Hoffman, a donné la parole à l'avocat Jud Aaron de la congrégation de Spring Grove.

Aaron : La famille Fessler vient-elle à vous en tant qu'Ancien ?
Hoffman: Oui.

Aaron : D'accord. Est-ce qu'elle vous dit que Stéphanie Fessler et Terry Seipp avaient une relation ?
Hoffman : Ce dont je me souviens, c'est que c'était une relation correcte.

Aaron : Et qu'est-ce que vous étiez censé faire ? Qu'avez-vous fait en tant qu'Ancien ?
Hoffman : La première fois que nous avons rencontré Stéphanie ce fut juste pour déterminer ce qui se passait, pour lui donner un peu d'aide biblique, certains conseils, et l'aider à changer ses manières.

Aaron : Que voulez-vous dire généralement par "aide biblique" ?
Hoffman : Je lui ai montré certains passages des Ecritures, en rapport avec le type de conduite qu'elle avait, et que cela allait à l'encontre des principes bibliques et comment lutter contre ça.

Aaron tente de prouver que Hoffman ne savait rien jusqu'à ce qu'il soit personnellement confronté à Stéphanie en 2005.

Aaron : Vous avez dit que vous avez rencontré Stéphanie à l'automne 2005 ?
Hoffman : Oui.

Aaron : D'accord. Avez-vous essayé de déterminer quelle est la nature de la relation ?
Hoffman : Oui, nous l'avons fait.

Aaron : Avez-vous essayé de déterminer si elle était ou non sexuelle ?
Hoffman : Oui, nous l'avons fait.

Aaron : Et au cours de l'entretien avec Mlle Fessler à l'automne de 2005, avez-vous appris qu'il y avait eu des contacts sexuels entre elles ?
Hoffman : Oui, nous l'avons su.

Aaron questionne Hoffman pour savoir s'il avait demandé à la victime si elle était nue avec Monheim, et si elle avait eu des relations sexuelles orales. Incroyablement, Hoffman déclare qu'il n'avait aucune information de Fessler comme quoi il y avait eu des attouchements des organes génitaux, ou que les deux étaient nues, alors qu'il venait de témoigner qu'il savait qu'il y avait une relation sexuelle continue.

Aaron revient encore une fois à son argument 2014, demandant cette fois une question hypothétique :

Aaron : Si, un an plus tôt, en 2004 – vous aviez appris qu'une jeune fille de votre congrégation de 15 ans avait une relation avec une femme de 49 ou 50 ans dans laquelle il y avait des baisers intimes, la bouche ouverte, des baisers français, des baisers romantiques, appelez ça comme vous voulez, auriez-vous appelé le service juridique pour obtenir des conseils ?
Hoffman : Oui, nous l'aurions fait.

Aaron : D'accord. Avez-vous souvenir de l'avoir fait un an plus tôt, à l'automne 2004 ?
Hoffman : Non.

Aaron : Eh bien, permettez-moi de vous poser une question vous concernant. Avez-vous dit à M. et Mme Fessler qu'ils ne devraient pas signaler cette relation aux autorités ?

Hoffman : Non.

M. Zeff reprend l'interrogatoire

Zeff : Avez-vous en mémoire, vous qui est assis ici aujourd'hui – si il y a dix, onze, onze ans et demi plus avant, vous avez demandé à Stéphanie Fessler si oui ou non elle avait eu des relations sexuelles orales ?

Hoffman : Eh bien, selon mes notes, nous lui avons demandé si sa relation impliquait quelque chose d'autre, elle a dit que non.

Zeff : D'accord. Donc, vous lui avez demandé s'il y avait autre chose en cause ?
Hoffman : C'est juste.

Zeff : Vous ne lui avez pas demandé si elle avait eu une relation sexuelle orale. Vous ne lui avez pas demandé si elle était nue ?
Hoffman : Non.

Zeff : Et considérez-vous que se caresser et toucher les seins est un acte sexuel ?
Hoffman : Oui.

Zeff : Et lorsque vous avez appelé le département juridique, c'est parce que vous ne saviez que faire de cette situation, c'est bien ça ?
Hoffman : C'est exact.

Zeff : Et vous vous en être remis au service juridique ?
Hoffman : Oui, nous l'avons fait.

Zeff : Et le service juridique fait partie de la Watchtower?
Hoffman : Oui.

Zeff : D'accord. Si le service juridique vous avait dit de déclarer le cas, l'auriez-vous fait ?
Hoffman : Oui, nous l'aurions fait.

Zeff achève son examen en demandant à Hoffman d'expliquer la raison de la réprimande publique infligée à Stéphanie Fessler par les Anciens de la congrégation, puis redonne le témoin pour une dernière fois à la défense. Cette fois, l'avocat de la Watchtower Miller décide de poser à M. Hoffman une question :

Miller : M. Hoffman, brièvement. Vous avez dit que le service juridique faisait partie de la Watchtower. Savez-vous s'il faisait partie de la Watchtower ou de la Direction générale des États-Unis ou une autre entité ? Le savez-vous ?

Hoffman : Nous recevons uniquement les informations avec son entête. Je ne suis pas sûr de quel département il s'agit, si cela vient de la Direction des Etats-Unis ou pas.

Miller: D'accord. C'est tout. Je vous remercie.
Il faut retenir ici que si le service de la Watchtower lui avait dit d'aller à la police, il aurait fait. Mais cela n'a jamais eu lieu.

Ancien n ° 2: Donald Hollingworth

Zeff : Je voudrais savoir si vous acceptez l'idée que le clergé doit signaler les abus sexuels chez les enfants pour protéger la victime de préjudices supplémentaires ?
Hollingworth : Vous me demandez si je suis d' accord avec cela ?

Zeff : Oui.
Hollingworth : Oui.

Zeff : Et acceptez-vous l'idée que le clergé ne devrait jamais garder secret l'abus sexuel d'un enfant pour protéger sa congrégation ?
Hollingworth : Oh, oui, oui.

Zeff : Je vous remercie.

Après avoir confirmé que Hollingworth n'a pas de formation professionnelle dans l'enquête sur les questions d'abus sexuels, Zeff devient plus précis :

Zeff : D'accord. Avez-vous eu connaissance en 2004 ou 2005 de vos obligations en matière de signalement concernant la maltraitance des enfants en Pennsylvanie ou dans le Maryland ?
Hollingworth : Oui.

Zeff : Quelle était votre compréhension à cette époque ?
Hollingworth : Qu'il n'y avait pas d'obligation de le signaler d'un point de vue procédural. Cela ne signifie pas que je n'en n'aie pas le devoir, mais il n'y avait aucune obligation légale pour le signaler.

Zeff : Monsieur, vous avez reçu cette compréhension du service juridique
Hollingworth : C'est exact.

Zeff : D'accord, et le service juridique de qui ?
Hollingworth : Des Témoins de Jéhovah.

Remarquons que Hollingworth venait de témoigner que les membres du clergé devaient signaler les allégations d'abus sexuels aux autorités et non pas les garder secrètes, mais quelques instants plus tard il déclare que selon le service juridique de la Watchtower, il n'a pas l'obligation légale de le signaler, en dépit de son propre sentiment et du devoir de rendre des comptes.

Les dirigeants de l'église d'autres religions ont l'obligation de signaler, mais les Témoins de Jéhovah sont en quelque sorte exemptés. En fait les Témoins enseignent que toutes les religions font partie des "fausses", religions sauf la leur.

Zeff : Avez-vous cherché à connaitre l'âge de la jeune fille que cette femme embrassait ?

Hollingworth : Je savais qu'elle était adolescente, et l'âge approximatif de la dame. Je savais qu'elle n'avait pas 19 ans, ni 13 ans, mais certainement entre les deux.

Zeff : Quand vous avez appris cela, un comité a été formé, était-ce un comité judiciaire ?
Hollingworth : Oui.

Zeff : D'accord. Vous étiez le président de ce comité ?
Hollingworth : Ce n'était pas moi. Ce fut l'un des deux autres frères. Je ne peux pas vous dire avec certitude aujourd'hui qui.

Zeff : D'accord.
Hollingworth : Peut-être Gary Neal, mais ce n'est pas certain.

Zeff : Et quel est sa principale obligation
Hollingworth : Une obligation de faire quoi ?

Zeff : Obligation de signaler aux autorités judiciaires cette affaire.
Hollingworth : Je ne savais pas si je devais le faire - je ne savais rien - je suis allé au comité pour savoir ce qui se passait, et je ne pouvais pas commencer à savoir ce que je devais faire, tant que je ne savais ce qui se passait.

Zeff : Mais vous aviez consulté le service juridique ?
Hollingworth : Oui, je l'ai fait.

Zeff : Et on vous a dit que vous n'avez pas d'obligation en vertu de la loi du Maryland, c'est ça ?
Hollingworth : Vous me demandez si je n'avais pas l'obligation de le signaler; C'est bien ce que vous me demandez ?

Zeff : Oui, Vous n'aviez aucune obligation de signaler ?
Hollingworth : Aucune obligation légale.

Zeff : C'est ça.
Hollingworth : Il n'y avait aucune loi qui dit que je devais le signaler.

Zeff : En fait, vous n'avez rien signalé du tout, c'est bien ça ?
Hollingworth : Non, je n'ai rien signalé.

Zeff : Et à votre connaissance pas plus vous que tous les membres de votre comité ?
Hollingworth : A ma connaissance oui.

Hollingworth admet avoir déchiré ses notes
L'examen par Zeff a ensuite pris une tournure intéressante. Zeff demande la présentation des notes de Hollingworth, prises en 2005 lors d'une rencontre avec l'agresseur, Terry Seipp:

Zeff : Pourquoi avez-vous pris ces notes ?
Hollingworth : Parce que je n'ai pas une très bonne mémoire des affaires et des réunions au fil des ans, alors je prends des notes au cas où je devrais me souvenir de quelque chose. Je prends toujours des notes. C'est mon habitude, je fais comme un homme d'affaires.

Zeff : Et en ce qui concerne votre position d'Ancien, vous faites de même, vous prenez des notes et vous les déchirer et les déchiqueter à l'occasion C'est ça ?
Hollingworth : Ouais, je pense que je les ai déchirées - car, j'avais une déchiqueteuse, je ne les ai pas gardées. Je ne voulais pas les laisser trainer.

Zeff : En réalité, vous faites ce que les lettres aux Anciens laissent à penser ou vous invite à le faire, elles disent de ne pas garder vos notes, et de les détruire si elles ne sont pas nécessaires ?
Hollingworth : Cela est possible. Mais je suis d'une nature discrète, et j'ai assez de bon sens pour ne pas les laisser trainer.

Hollingworth a révélé un détail essentiel en disant que la Watchtower ne veut pas que le public sache, non seulement dans les cas où sont concernées des infractions moins graves, mais même lorsque les accusations de maltraitance des enfants sont sur le dossier, contrairement à leur politique officielle.

Hollingworth invoque le privilège du Clergé, il l'a appris à la télévision…

Zeff dévoile pour le jury les notes prises par Donald Hollingworth pendant l'audience judiciaire de Terry Monheim.

Hollingworth : (lecture de ses notes) Il dit : " Après avoir reçu l'assurance que les membres du comité ne signaleraient pas son affaire, elle fut soulagée"

Zeff : Alors, avez-vous dit à Terry Seipp qu'aucun membre du comité n'allait déposer contre elle ?
Hollingworth : Eh bien, je pense que vous le savez – mais vous pensez à quelque chose de différent de ce que je pense. L'affaire juridique dont nous parlons concernait son mari qui était en instance de divorce d'avec elle - et nous lui avons dit que de tout ce qu'elle dirait au comité, nous ne nous en servirions pas dans sa procédure de divorce contre son mari, ou vice versa. Et nous pensions que nous avions le droit de le faire.

Zeff : Avez-vous appris cela du service juridique ?
Hollingworth : Pardon ?

Zeff : Avez-vous appris cela du service juridique ?
Hollingworth : Non, j'ai appris cela en regardant la télévision, oui, je suppose ...

Zeff : Vous avez appris en regardant la télévision que ce qu'elle vous disait pendant votre comité, vous n'étiez pas obligé de le témoigner dans une procédure de divorce ?

Hollingworth : Oui, pas en tant que membre du clergé, je pense que tout cela devient, peut-être que je me trompe, mais je pense que cela devient confidentiel.

À ce stade, Hollingworth se piège lui-même en invoquant le privilège de la confession du clergé, tout en niant qu'il fait partie d'un clergé.

Ce qui est plus étrange est qu'il prétend que le service juridique de la Watchtower lui a dit qu'il n'a pas l'obligation de signaler de telles allégations, ou des aveux d'abus sexuels.

L'interrogatoire continue

Zeff : Que disent ces notes ?
Hollingworth : J'ai appelé et contacté le service juridique pour discuter de la question avec eux et j'ai écrit quelques notes suite à cet appel.

Zeff : D'accord. Avez-vous contacté ou quelqu'un de votre comité a-t-il contacté la congrégation Spring Grove dans laquelle Stéphanie Fessler était membre ?

Hollingworth : Non.

Zeff : Est-ce que quelqu'un de votre comité a autorisé quelqu'un à prendre contact avec elle
Hollingworth : Oui

Zeff : D'accord. Ont-ils fait savoir qu'il y avait une enquête concernant un abus sexuel possible ?
Hollingworth : Il faudrait leur demander ce qu'ils leur ont faire savoir.

Zeff : D'accord. Je veux aller à la partie de la lettre qui est en bas où il est dit "que les lettres de la Société doivent être vues avec tous les sept anciens." Voyez-vous cela ?
Hollingworth : Oui.

Zeff : Qu'est-ce que cela signifie pour vous ?
Hollingworth : Il est dit que les lettres doivent être lues –par tout le collège des Anciens, par tous les Anciens de la congrégation.

Zeff : Quand il est écrit "avec tous les sept anciens," cela signifie-t-il tout le monde ?
Hollingworth : Qu'est-ce qu'il est dit ?

Zeff : Il est dit : "Que les lettres de la Société doivent être vues avec tous les sept anciens."
Hollingworth : Oui, c'était notre collège d'Ancien à l'époque.

Zeff : D'accord. Et cela est-il en rapport avec votre enquête sur Terry Seipp ?
Hollingworth : Eh bien, c'est en rapport, - mon appel téléphonique concernait une enquête qui avait un rapport avec ça. Quant à savoir si l'on m'a dit de relire ces lettres, je ne me souviens pas.

Zeff : Qui vous a dit de lire ces lettres ?
Hollingworth : La personne du service juridique avec qui je parlais. Et je suppose que c'est ce qui explique pourquoi j'ai écrit cela sur mes notes.

Je ne sais pas aujourd'hui qui m'a dit de le faire, mais je suppose que c'est comme ça que ça s'est passé. Je ne peux faire que des hypothèses, comment faire autrement ?

Zeff déclare qu'il a des copies de ces lettres, et raconte à Hollingworth qu'il va maintenant les examiner, en commençant par le Juillet 1, 1989 lettre au corps des anciens. Hollingworth admet qu'il aurait probablement examiné cette lettre à ce moment-là, en reconnaissant que c'était un document très important à examiner.

Une autre révélation est venue quand Zeff fait référence à la lettre du 1 Janvier, 1997 dans laquelle un article demandait : "Qu'est-ce que signifie agresser sexuellement un enfant ".

La Watchtower déclarait:

Si, par exemple, un individu fait des avances immorales à un autre adulte, l'adulte peut être en mesure de résister à ses avances. Les enfants sont beaucoup plus faciles à tromper, embrouiller, ou terroriser. La Bible parle du manque de sagesse d'un enfant. (Proverbes 22:15; 1 Corinthiens 13:11) Jésus a utilisé les enfants comme un exemple d'humilité innocente. (Matthieu 18: 4; Luc 18:16, 17) L'innocence d'un enfant est due à une absence totale d'expérience. La plupart des enfants sont ouverts, désireux de plaire, et donc vulnérables aux mauvais traitements d'un adulte intrigant qu'ils connaissent et à qui ils font confiance. Par conséquent, la congrégation a une responsabilité devant Jéhovah, afin de protéger ses enfants.

Zeff interroge Hollingworth:

Zeff : D'accord. Vous rappelez-vous l'examen de cette lettre ? Et je vais vous la lire afin que vous compreniez bien. Vous souvenez-vous l'avoir examinée au moment du comité judiciaire? Il dit est : "Les enfants sont beaucoup plus faciles à tromper, embrouiller ou à terroriser."
Hollingworth : Je ne me souviens pas du moment où a lieu le comité mais, Monsieur, comme je l'ai dit, j'ai eu beaucoup d'enfants et je suis très conscient de ce besoin.

Zeff : D'accord. Le service juridique vous a-t-il dit que vous deviez appeler la police, ou appeler les services sociaux de l'enfance ?
Hollingworth : Je ne pas besoin qu'on me le dise.

Zeff : D'accord.
Hollingworth : Je n'ai pas besoin que l'on me rappelle cela ou quoi que ce soit d'autre, mais, non, je vous ai dit, je hais avec des mots encore pire que la haine ce genre de pratique, et je n'aime pas être impliqué en ce moment et être interrogé sur ce sujet.

Zeff : Bien. Vous n'avez donc pas besoin que l'on vous dise d'appeler la police, c'est bien cela ? Vous auriez pu le faire de toute façon ?
Hollingworth: Est-ce que je quoi ?

Zeff : Vous auriez pu appeler la police, même si le service juridique vous avait dit de ne pas le faire ?
Hollingworth : Oui. Avec le recul, oui.

Zeff : Mais vous ne l'avez pas fait ?
Hollingworth : Pardon ?

Zeff : Vous ne l'avez pas fait ?
Hollingworth : Il a déjà été répondu à cette question.

Zeff : D'accord. Vous n'avez pas parlé à la congrégation de Stéphanie Fessler pour connaitre sa version des faits, c'est bien cela ?
Hollingworth : j'ai dit non, je n'ai parlé à personne.

Zeff : Une fois de plus, Monsieur. Vous avez êtes-vous inquiété du bien-être de l'adolescente qui était impliquée avec Terry Seipp ? Vous êtes-vous préoccupé d'elle ?
Hollingworth : Je me soucie de tous les jeunes, absolument - oui. Devrais-dire non ? Je serais un monstre si je disais non.

Zeff : Mais vous avez suivi les conseils du service juridique plutôt que de faire autre chose, n'est-ce pas ?
Hollingworth : Vous savez, je n'avais pas de contact avec cette adolescente. Nous avions affaire à Terry Seipp de notre congrégation. S'il vous plaît, c'était une autre congrégation qui avait affaire avec
l'adolescente. Cela n'a rien à voir avec mes sentiments, et mes pensées en la matière ne sont pas applicables à ce qui aurait dû être, et comment cela aurait dû être traité. Donc, vous êtes confus et vous m'embrouillez.

Il semble que la frontière invisible entre le Maryland et la Pennsylvanie, ainsi que les instructions données à Hollingworth par le service juridique de la Watchtower ait annulé son meilleur jugement. Il ignorait que le crime avait eu lieu, et qu'il était obligé de le signaler. Hollingworth a admis qu'il était aussi conscient que le mari de Terry Seipp [de Monheim] avait appris la relation, puisqu'il avait embauché un détective privé pour confirmer ses soupçons. M. Seipp n'a pas perdu de temps à partager cette information avec les Anciens Freeland :

Zeff : Avez-vous soupçonné qu'elle pouvait abuser d'un enfant?
Hollingworth : Je voulais connaître les faits.

Zeff : D'accord.
Hollingworth : Son mari n'a rien voulu dire, et il n'était pas Témoin. Je lui ai dit une fois bonjour. Il est venu un jour et a dit : "J'ai des photos, mais je ne vais pas vous dire ce que c'est, toutefois vous feriez mieux de faire quelque chose à ce sujet, "genre que pensez- faire ?"

Zeff : Appelez la police ?

Aaron intervient alors

Aaron : Êtes-vous au courant de la politique des Témoins de Jéhovah de ne pas signaler les abus sexuels des enfants aux autorités ? Êtes-vous au courant d'une telle politique?
Hollingworth : Non.

Aaron : Et dans toutes les lettres adressées aux anciens que vous avez lues ou dans les KS ou des séminaires auxquels vous avez assisté ou participé ?
Hollingworth : Oui, Monsieur le Président.

Aaron : Dans l'une des lettres dans les KS, les séminaires, on vous déjà dit ou ordonné de ne pas signaler les abus sexuels aux autorités ?
Hollingworth : En aucune façon.

Aaron : Qu'étiez-vous chargé de faire si un rapport d'abus sexuel venait à votre attention ?
Hollingworth : Contacter le service juridique.

Aaron : Après que le comité judiciaire ait auditionné Terry Seipp, avez-vous fait un rapport au service juridique ?
Hollingworth : Oui.

Aaron : Avez-vous le sentiment que vous suiviez la procédure correcte et de faire cela?
Hollingworth : Oui.

Aaron : Avez-vous déjà été avisé en tant qu'Ancien ou êtes-vous au courant d'une directive qui, pour protéger la religion des Témoins de Jéhovah, les maltraitances des enfants ne devaient pas être signalées aux autorités ?
Hollingworth : Au contraire. La raison pour laquelle je suis Témoin de Jéhovah aujourd'hui – car je ne le fus pas toujours – fut le souci qu'ils manifestaient à prendre soin des personnes

Aaron : Je vous remercie.

Les victimes découragées de faire une thérapie de groupe.


Zeff dirige l'attention vers la lettre du 23 Mars aux Anciens , cette fois à la section où les Témoins de Jéhovah sont mis en garde contre la participation à toute thérapie de groupe pour aider les victimes de la maltraitance des enfants.

Zeff : Monsieur, puis-je attirer votre attention sur le dernier paragraphe de la page que nous venons de mettre en face de vous où il est parlé de "Certains professionnels de la santé".

Il va à la page suivante.

Je voudrais juste vous poser quelques questions à ce sujet, parce que vous venez de dire certaines choses qui sont troublantes pour moi. "Certains professionnels de la santé et des thérapeutes proposent une thérapie de groupe pour les personnes souffrant des conséquences de la maltraitance des enfants. Bien que participer à une thérapie de groupe par un thérapeute professionnel soit une décision personnelle, il pourrait en résulter certains problèmes liés à la révélation de faits confidentiels à propos d'autres membres de la Congrégation chrétienne au cours de cette thérapie, si un chrétien ne faisait pas preuve de discrétion. Ainsi, les Anciens peuvent faire des mises en garde à leurs frères et sœurs, comme cela est écrit dans la Tour de Garde du 15 octobre 2008 page 29, sous la rubrique - thérapie par la parole. "Ils peuvent être aidés à comprendre que parler sans discernement à d'autres de son problème peut entraîner des paroles dommageables et nuisibles s'ils sont amenés à nommer d'autres personnes." Monsieur, qu'est-ce que vous comprenez que cela signifie ?

Hollingworth : Je peux manquer quelques détails ici, mais si je me concentre sur la dernière phrase, il faut éviter de parler et de bavarder sur ce sujet et, ce n'est pas quelque chose à diffuser.

Zeff : Monsieur, ma question concerne la maltraitance des enfants et le fait que parler peut entraîner des paroles dommageables et nuisibles, donc il ne faut rien dire. C'est bien l'un des documents que vous aviez comme référence ? Que comprenez-vous quand il est écrit que les victimes doivent être aidées à comprendre que parler aux autres d'une manière inconsidérée de la maltraitance des enfants peut entraîner des paroles dommageables et dangereuses ? Que comprenez-vous ?

Hollingworth : Être prudent et réfléchir. Réfléchir avant de parler. Ça me semble logique.

Hollingworth esquive la question, ce qui reflète son incapacité à formuler son point de vue sur les directives de la Watchtower concernant la thérapie de groupe, donc Zeff se déplace. Zeff demande ensuite Hollingworth d'expliquer les séminaires et le "KS". Hollingworth décrit le programme de formation des Anciens. Zeff demande alors :

Zeff : Parlez-nous de ce qui est dit concernant la question des agressions sexuelles d'enfant dans ces écoles ?
Hollingworth : Je suis sûr qu'il a des choses.

Zeff : Et ces écoles sont dirigées par la Watchtower ?
Hollingworth : Elles sont dirigées par un Témoin de Jéhovah. Je ne sais pas pourquoi elles sont conduites par des Témoins de Jéhovah instructeur.

Zeff : D'accord. Et d'où vient cet instructeur ?
Hollingworth : Ils viennent de beaucoup d'endroits différents. Parfois, c'est notre surveillant de circonscription. Nous avons des appartements pour eux dans les Salles du Royaume locales. D'autres instructeurs, viennent au fil des ans, de beaucoup d'endroits différents.

Zeff : Est-ce que les documents que vous étudiez dans ces écoles proviennent de la Watchtower ?
Hollingworth : Je ne sais pas. Je ne sais pas ce que la Watchtower envoie comme documents. Ils nous donnent de la littérature. Elle provient de notre imprimerie. Je ne sais pas. Je ne peux pas répondre à cette question. Il faudrait demander à quelqu'un qui vient de là. Ce serait bien si je pouvais avoir un peu plus d'eau?

Zeff : Je n'ai rien d'autre, Votre Honneur.
Hollingworth fatigué et assoiffé semblait confus et peu disposé à donner des réponses concises et lucides aux questions qui étaient assez simples, surtout qu'il avait passé les 40 dernières années de sa vie comme Ancien.

Comme tous ceux qui ont étudié les Témoins de Jéhovah nous comprenons que les dirigeants de l'organisation ne sont pas disposés à divulguer des informations à toute personne qu'ils jugent "ne pas être en droit de les connaître".

Dans un prochain article, sera examiné le témoignage de l'agresseur, Terry Monheim, et du détective qui l'a accusée pour ses crimes, Lisa Layden.


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