Dissonance cognitive

La dissonance cognitive appliquée aux victimes de pédophilie.

1: Dissonance cognitive : définitions.

2: Application à la pédophilie.

3: Réduction des dissonances cognitives chez les agresseurs.

4: Dissonance cognitive et dénonciation des agressions sexuelles par les victimes:
Sentiments d'ambivalence.

5: Aspect particulier aux garçons.

6: Les conséquences d’une agression sexuelle chez les enfants.

7: Ce qu'il ne faut pas faire.

8: Ce qu'il faut faire.

9: Conclusion.


Définitions.
Dissonance cognitive:
Une relation est dite dissonante quand deux cognitions (raisonnement, coordination des mouvements, savoirs, croyances, ressenti, émotion…) provoquent une incompatibilité. Elle est psychologiquement inconfortable lorsque l'esprit est soumis à des éléments incompatibles et contradictoires.

Application à la pédophilie.

Les actes de pédophiles sont des expériences vécues par des enfants comme une soumission forcée ou "induite". Ce sont des victimes d'abus de pouvoir, qui ressentent une dissonance, (incompatibilité, décalage, contradiction) entre deux ou plusieurs cognitions :
L'enfant, sans connaissance intellectuelle particulière, sent à travers son "ressenti, et son 'intuition " une dissonance "naturelle" avec les prétendus gestes "affectifs" de son agresseur.

Cette dissonance cognitive, chez beaucoup d’enfants, d’adolescentes et d’adolescents agressés sexuellement se traduit par de la honte, partagée avec des sentiments de culpabilité parce qu’ils croient avoir participé de plein gré à l’agression, et ce, à cause de leurs réactions physiques, (qui peuvent même être accompagnées par un orgasme) alors que ce ne sont que des réactions réflexes à une stimulation sexuelle.

Toutefois si ces réactions réflexes ambivalentes ne signifient pas que les victimes sont consentantes, elles vont néanmoins développer un faux sentiment de "consentement mutuel" sur la base du plaisir ressenti.

C’est ce que recherchera l'agresseur pendant la "relation" en faisant dire à l'enfant qu'il a aimé ses caresses. C'est ainsi qu'il l’enfermera dans le silence.

Réduction des dissonances cognitives chez les agresseurs.

Les distorsions cognitives ressenties par les agresseurs ne sont pas perçues comme des conséquences directes de leurs comportements sexuels déviants, mais plutôt comme une manière de justifier, minimiser, rationaliser et même maintenir ces comportements.

Ainsi, ils interprètent le comportement des gens en général, des femmes et de leurs victimes en particulier pour réduire la responsabilité de leur comportement sexuel déviant, afin de continuer d’abuser sans culpabilité, anxiété ou honte. (Sentiments qui accompagnent souvent les actes contraires aux normes sociétales).

Le fait que les victimes d’agression sexuelle soient le plus souvent des femmes et des enfants, et les agresseurs, presque exclusivement des hommes, amène à rechercher les causes parmi les facteurs socioculturels. La violence sexuelle est un phénomène unidirectionnel, une prise de pouvoir ou de contrôle, des hommes sur les femmes, des adultes sur les enfants, favorisée par des attitudes sociales, alimentée par des mythes et des croyances. Parmi ces causes on peut noter :

• Le maintien de rapports inégaux entre les hommes et les femmes.

• Le processus de socialisation amenant les hommes à adopter des attitudes de domination, et
les femmes, des attitudes de soumission.

• La compréhension faussée de la sexualité féminine.

• La vision stéréotypée des rôles sexuels, domination dans les rapports sexuels.

• Les attitudes négatives envers les femmes, valeurs sexistes.

• L'acceptation de la violence interpersonnelle.

• La pornographie qui influence les pensées et les comportements en montrant certaines façons acceptables d’agresser, en désensibilisant les consommateurs par rapport à la violence et à l’agressivité et en diminuant de diverses façons la responsabilité personnelle.



Dissonance cognitive et dénonciation des agressions sexuelles par les victimes :

Sentiments d'ambivalence.
Elle consiste à ressentir deux cognitions (deux sentiments) contradictoires en même temps. Ici, l'ambivalence gravite autour des sentiments négatifs (honte, souffrance, impuissance) qui ont parfois été simultanément accompagnés du plaisir, qu'il soit relationnel (un compliment), sensuel (une caresse), ou sexuel (le toucher des organes).

Le fait que le plaisir soit associé à la souffrance entraîne des dommages considérables : la personne se sent responsable d'avoir été abusée, puisqu'elle a "coopéré" en y prenant du plaisir, alors que c'est la "nature" même qui a donné à l'être humain cette capacité à ressentir de la jouissance aux gestes affectifs.
Par contre, ce qui est anormal, c'est la perversion du pédophile, qui a prémédité le piège dans lequel il a attiré sa proie innocente à travers des pseudos attitudes affectueuses. C'est lui, et lui seul qui est responsable.

Pour bien comprendre ce processus de la dissonance cognitive, il faut la voir à travers le traitement de l'information d'un enfant pendant l'agression. Il y a :

Une entrée (input) : Les caresses, les compliments ou tout autre abus de pouvoir.
Une évaluation de l'agression : (Traitement, de l'information lié à trois variables)

● les événements cognitifs : les pensées accessibles facilement à sa conscience ;
● les perceptions de la réalité ;
● les schémas cognitifs : inconscient, croyances profondes, expériences, ressentis…

Une réponse ou sortie (output) : La dissonance cognitive ressentie.


Aspect particulier aux garçons.

• Le dévoilement d’une agression sexuelle pose un problème particulier pour les hommes en raison des fausses conceptions liées au stéréotype masculin et au processus de socialisation des garçons.

• Les caractéristiques sociales attribuées aux hommes veulent que ceux-ci soient forts, difficiles à maîtriser et capables de se défendre. Les hommes victimes ne se sont pas défendus. Ils ont pu, comme les femmes, être figés devant la menace, la peur ou l’imprévu. Cette absence de riposte peut laisser croire que l’homme victime n’est pas un "vrai homme" ou qu’il a peut-être désiré cet acte sexuel.

• Le sentiment de honte est très présent chez les hommes agressés sexuellement : ils portent à la fois le malaise de l’agression sexuelle, celui de l’homosexualité et la culpabilité de ne pas s’être défendus comme ils auraient dû le faire en tant qu’hommes. C'est la peur du jugement des autres qui les empêchera de dénoncer l'agresseur.

• Selon le modèle masculin, c’est l’homme qui initie les contacts sexuels. L’homme a donc de la difficulté à se percevoir dans un rôle passif. L’homme victime se convaincra, d’une certaine manière, qu’il prenait une part active et même volontaire à l’agression sexuelle.

• La question de l’orientation sexuelle se pose aussi souvent, notamment parce que les hommes ont pu éprouver du plaisir physique lors des attouchements perpétrés par un autre homme.

Les conséquences d’une agression sexuelle chez les enfants.

Les agressions sexuelles chez les enfants et les pré-adolescents se répercutent au niveau du psychisme d’une manière extrêmement complexe car celui-ci continue à se construire tout en intégrant ce parasitage dissonant ô combien déstructurant. Il faut toujours après une première "confession" rechercher sans tarder s'il y a eu d'autres traumatismes successifs, car comme une secousse sismique est toujours suivie de répliques, une agression sexuelle chez un enfant est également suivie par de multiples répliques. Lawrence Leshan explique que l'on peut surmonter un premier traumatisme grave d'enfance, mais qu'un deuxième traumatisme ravive et augmente le premier, au point d'avoir des conséquences psychologiques importantes.

Se contenter d'un premier récit ne videra pas de son contenu l'abcès. La personne qui se confie à une autre, teste en fait ses capacités d'écoute et d'empathie. C'est à "l'auditeur" de poursuivre l'entretien en demandant par exemple:
Et après ? Tu ne me dis pas tout, continue. Je suis prêt(e) à tout écouter. Maintenant parle moi des conséquences de ces agressions.

Le souvenir de l'agression peut revenir lors des rapports conjugaux. Il possible même que la personne refuse tout contact physique même anodin y compris avec son conjoint, parce qu'elle n'a pas pu ou su régler cette dissonance cognitive qui l'a rend responsable, et donc coupable.

Ce qui n'a pu s'exprimer en mots s'imprime et s'exprime par des maux. Quand les blessures sont insurmontables, indicibles, elles laissent des traces, car ce qui ne peut être exprimé persiste et est transmis par des troubles.

La destruction par l'usage abusif d'alcool, de drogue ou de nourriture est une autre des conséquences possibles. L'obésité, en particulier, permet à des jeunes filles ou à des femmes qui ont été violées de se rendre, inconsciemment, moins attirantes et de se protéger ainsi contre une autre agression.
Ce qu'il ne faut jamais faire :

1) Demander à la victime de pardonner.

Aucun être humain n’est en mesure de pardonner sauf s’il s’agit d’un tort réciproque. On peut alors en se pardonnant mutuellement, se permettre un nouveau départ.

Lorsque quelqu’un demande de lui pardonner, il essaye de transmettre la responsabilité de sa faute. C’est ce qui se passe également dans toutes les formes de confessions. On charge l’autre des conséquences de la faute qu’on a commise.

L’enfant a le droit d’en vouloir au coupable, que l’expérience lui ait été désagréable ou non, car il a incontestablement subi un outrage. Il pourrait dire au coupable, ou se dire à lui-même s'il lui est impossible de revoir son agresseur:

C’était mal et je te laisse porter les conséquences de tes actes. Je ferai malgré tout quelque chose de bien de ma vie“ ou encore “Tu m’as fait mal, et je ne te pardonnerai jamais.

En réagissant ainsi, il rend la faute au coupable, et prend ses distances par rapport à  l’événement. Si alors l’enfant, bien qu’il ait été victime d’abus sexuels, parvient à construire une relation de couple heureuse, même le coupable en éprouvera un soulagement.

Si la victime reste malheureuse toute sa vie, il s’agira en même temps d’une vengeance vis-à-vis du coupable. Les choses sont dans le fond, souvent différentes de ce que l’on voit à la surface.

2) Il n’est pas nécessaire que la victime exprime sa colère par des reproches et avec émotion. La colère la lierait davantage encore au coupable. Elle peut se libérer en se distançant clairement de lui. Lutter ou faire des reproches ne peut pas conduire à une solution. La solution ne se trouve pas en se battant contre quelqu’un, car le combat maintient le lien. Elle est toujours dans le détachement.


3) Montrer de l'indignation. Ceux qui s’indignent se sentent au service d’une loi impitoyable que ce soit la loi de Moïse, du Christ, de la loi du ciel, des bonnes mœurs, d’un groupe, ou bien tout simplement ce que nous dicte la tendance du moment.

Quel que soit son contenu, cette loi donne aux “indignés“un pouvoir sur les coupables et sur les victimes, et justifie mal ce que les dits indignés font aux autres. La question est de savoir comment les conseillers peuvent affronter une telle indignation sans nuire ni aux victimes, ni aux coupables, ni à eux-mêmes, et sans perturber un ordre juste.


Voilà à cet effet une histoire bien connue :

Il était une fois à Jérusalem, un homme qui descendait du mont des oliviers pour se rendre au temple. Alors qu’il entrait dans le temple arriva un groupe de justes érudits entraînant avec eux une jeune femme qu’ils poussèrent devant lui. Les justes l’entourèrent et lui dirent :

“Cette femme a été prise sur le fait alors qu’elle commettait l’adultère. Il est écrit dans la loi de Moise qu’elle doit être lapidée. Qu’en dis-tu ? “

Ces justes ne s’intéressaient en réalité ni à la femme, ni à la faute. Il s’agissait plutôt pour eux de tendre un piège à un homme connu pour sa clémence. Cette clémence les indignait, et ils se sentaient habilités, au nom de la loi, à détruire cette femme, mais aussi cet homme s’il s’avisait de ne pas partager cette indignation, bien qu’il n’eût rien à voir avec toute cette histoire.

Nous voyons ici deux groupes de fautifs. La jeune femme fait partie du premier : elle est coupable d’adultère et les indignés la traite en pécheresse. Les indignés sont dans le deuxième groupe ; ils sont capables de meurtre tout en se considérant pourtant comme des justes.

Ces deux groupes sont soumis à la même loi impitoyable. Pourtant il existe là une différence : l’un des forfaits est considéré comme un crime, l’autre, bien plus grave prend le nom de justice.

Il nous faut préciser ici quelque chose. Aussi bien l’histoire elle-même que les indignés occultent entièrement la vraie victime : le mari de cette femme.

Si les indignés avaient lapidé la femme, le mari aurait été doublement victime. Mais puisque dans l'histoire, les indignés ne se sont plus interposés entre eux, le mari et la femme ont la possibilité de retrouver un équilibre avec amour, et de se réconcilier pour un nouveau départ. En s’ingérant dans leur histoire, les indignés les auraient empêchés de trouver une solution et auraient contribué à aggraver la situation du coupable et de la victime.

C’est ce qui arrive parfois à des enfants victimes d’abus sexuels lorsque, au lieu d’être entre les mains de gens aimants, ils tombent au pouvoir des gens qui s’indignent. En réalité les indignés ne se préoccupent pas particulièrement du sort des victimes, et les mesures que leur indignation leur inspire ne font qu’empirer la situation.

Que devraient donc faire les conseillers soucieux du bien de tous ? Refuser la dramatisation, et rechercher des voies simples permettant aux victimes comme aux coupables de prendre un nouveau départ, plus éclairé et plus humain. Au lieu de suivre une loi prétendument supérieure, ils devraient se contenter de poser un regard bienveillant sur les personnes impliquées. L’histoire de la femme adultère est déjà un élément de réponse.
Ce qu'il faut faire :

Il faut aider l’enfant à retrouver sa dignité car il ressent l’agression comme une profanation, et le mot n’est pas trop fort. Goethe a écrit un poème dans lequel une rose cueillie sauvagement par un garçon, se défend de son mieux, toutes épines dehors, mais hélas elle doit subir l’outrage. Et voici le secret dévoilé : La petite rose a malgré tout gardé son parfum.

Il serait bon que l’enfant puisse reconnaître qu’elle a ressenti du plaisir, si c’est le cas. il faut qu’elle sache que, même si cela lui a plu, elle est innocente. La diabolisation du plaisir fait apparaître la sexualité dans une lumière suspecte, comme quelque chose d’épouvantable.

Suivre le patient dans son évolution, l'écouter, lui permettre de revenir parler même lorsqu'en principe il ou elle a "terminé", et le recevoir sans rendez-vous, au besoin en urgence, ou même faire une petite "tranche" de courte de thérapie de plus, jusqu'à ce que tout soit retravaillé. Même si les premières confessions sont spectaculaires, elles sont très souvent ou toujours, à reprendre. La victime préfère souvent les oublier, tant cela la dégoûte ou la terrifie. Ou alors elle les raconte froidement, comme si c'était arrivé à quelqu'un d'autre. Mais ce déni est un obstacle à la guérison. L’abus ne doit pas être gommé, mais nommé.

Admettre les dégâts :
Ce retour pénible dans le passé va lui permettre d'admettre les dures vérités suivantes :

- J'ai été victime d'un ou de plusieurs abus sexuels. C'est un crime contre mon corps et contre mon âme.

- Étant victime, je ne suis en rien responsable de ce crime, quoi que j'aie pu ressentir.

- Suite à ces abus, je souffre de sentiments d'impuissance, de trahison et d'ambivalence.

- Ma souffrance est intense, mais la cicatrisation est possible, si j'admets qu'il y a eu blessures, et si je peux les nommer.

- Cette cicatrisation prendra du temps.

- Je ne dois pas recouvrir mon passé d'un voile de secret et de honte ; mais je ne suis pas non plus obligé d'en parler au premier venu.

Expliquer pourquoi un enfant ne peut pas être impliqué dans un consentement. Pour qu’un consentement soit véritable, il faut que celui-ci soit "libre" et "éclairé".

Conclusion : 

Il ne faut pas imaginer un seul instant que l’abus sexuel soit un fait isolé et rare. 40% de femmes américaines sur 888 interrogées; 26,8% dans une étude portant sur 4729 femmes d’Europe du Nord déclare avoir été violées avant leur18 ans.

En France, les statistiques sont rares et isolées. Elles portent surtout sur de petits groupes de victimes, et étudient principalement les conséquences immédiates, lésionnelles, du traumatisme, et leurs implications juridiques. Il est cependant possible de se tourner vers des statistiques non médicales qui permettent de comprendre indirectement l’importance quantitative des abus sexuels chez les mineurs. Ils concernent 20% des procès d’assise en France. Et la SNATEM, Association d’écoutants d’intérêt public, en recense dans ses motifs d’appel, 40 000 à 60 000 selon les années. Toujours selon la SNATEM, ces abus sexuels avoués concerneraient 71% de mineurs de sexe féminin, dont 80% de moins de 15 ans.

S'il y a une aussi grande différence entre les victimes de sexe féminin et de sexe masculin, ceci est principalement dû, comme nous avons pu le voir précédemment, à la nature même du garçon qui refuse de dénoncer ses agresseurs par "culture".
Source: http://www.aihus.fr/prod/system/main/main.asp?page=/prod/data/publications/couple/traumatismes.asp

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